John Terry est l'un des tout meilleurs défenseurs de sa génération, rugueux, technique, précis.
Un meneur d'hommes aussi, capitaine de l'équipe londonienne de Chelsea et de la sélection anglaise qui disputera cette année le Mondial de football.
L'année dernière, son impressionnant palmarès s'est même enrichi d'une breloque supplémentaire : à 28 ans, le papa de Georgie John et Summer Rose a été consacré "dad of the year" – "papa de l'année", "un grand honneur", commentait-il alors.
Un homme bien sous tous rapports, en somme.
Seulement, depuis samedi, son horizon s'est assombri.
Dévoilée par la presse, une pénible affaire de mœurs menace le brassard de Terry et prend jour après jour les dimensions d'un scandale national.
Dans les grandes lignes, il est reproché au joueur une aventure extraconjugale avec l'ex-petite amie de l'un de ses coéquipiers en équipe nationale, Wayne Bridge, aujourd'hui latéral gauche de Manchester City.
La belle a tout pour alimenter la machine à fantasmes britannique : jeune, française, elle est connue des deux côtés de la Manche comme top-modèle spécialisée dans la lingerie.
Pour corser le tout, Terry a flirté avec sa maîtresse – devenue une très bonne amie de son épouse – à l'époque où il jouait aux côtés de Wayne Bridge à Chelsea...
Sans surprise, on a appris que Mme Terry allait demander le divorce.
INTERVENTION DU MINISTRE DES SPORTSCe méli-mélo comme seule la Grande-Bretagne sait nous en offrir aurait pu rester au rang des cancans chuchotés entre WAG's – Wives and girlfriends, un acronyme utilisé pour désigner le petit monde des femmes de footballeurs les plus médiatisées – si la justice ne s'en était pas mêlée.
Terry, qui connaissait l'intention du Sun d'ébruiter l'affaire, a tenté d'obtenir en justice l'interdiction de telles révélations.
Il a dans un premier temps eu gain de cause , mais le juge Tugendhat, de la Haute Cour de justice, a cassé ce jugement vendredi.
Depuis, une bonne partie de la presse – partie en croisade contre ce type d'injonction judiciaire qui lui interdit de publier telle ou telle information – , s'est engouffrée dans la brèche et ne se gêne pas pour rappeler d'autres scandales qui ont éclaboussé le joueur – une affaire d'avortement avec une autre de ses maîtresses, une affaire de deal impliquant son père.
Le Sun a même demandé que le brassard de capitaine de l'équipe d'Angleterre soit retiré à Terry.
Même le ministre des sports du gouvernement de Gordon Brown s'est emparé du dossier.
Gerry Sutcliffe a estimé lundi que les batifolages de Terry "remettent en cause son rôle de capitaine de l'équipe nationale.
Sur le terrain, John Terry est un joueur fantastique et un bon capitaine pour la sélection.
Mais pour être le capitaine de l'Angleterre, il faut pouvoir endosser des responsabilités qui dépassent le terrain."
La décision finale appartient au sélectionneur anglais, pressé de prendre position au plus vite.
Pour l'heure, rien ne filtre sur le choix de Fabio Capello, originaire de l'autre grand pays des WAG's, l'Italie.
En attendant, le pays se déchire et Chelsea vole au secours de son défenseur vedette.
De son côté, la presse s'interroge : en quoi les frasques du joueur nuisent-elles d'une quelconque façon au jeu ou à la réputation de l'équipe nationale ?
Le site Goal.com rappelle qu'en Afrique du Sud, la sélection argentine sera dirigée par un certain Diego Maradona, cocaïnomane repenti et fauteur de troubles professionnel, et que celle de la France sera emmenée par Thierry Henry, l'homme à la main baladeuse.
source : http://www.lemonde.fr