Slayer : Reign In Blood38 minutes. Il faut 38 minutes à Slayer pour inventer un nouveau genre musical : le thrash-métal. Car ce "Reign in Blood" d'anthologie se pose tout simplement en modèle du genre, en pierre angulaire qui servira de support à la création de dizaines de groupes qui trouveront leur vocation à l'écoute de ce monument indémodable.
Malheureusement entouré d'une aura nauséabonde qui éclipse sa qualité intrinsèque, "Reign In Blood" définit tout simplement les standards du genre et place la barre très haut : chant agressif mais expressif (avec des cris aigüs à glacer le sang), guitares cataclysmiques enchaînant riffs techniques ultra rapides, passages mélodiques doublés et soli efficaces, batterie déchaînée et inventive...
La polémique viendra donc de ce "Angel Of Death" qui ouvre l'album et qui se contente de décrire les horreurs des camps nazis sans réellement les condamner, ce qui vaudra au groupe une réputation de fachistes alors que cette démarche était uniquement destinée à choquer et faire parler de l'album : même si la méthode est très discutable, l'effet fut incontestable !
Musicalement, "Angel Of death" est extraordinaire, ainsi que tous les autres morceaux de l'album qui proposent, sur des tempo généralement très élevés, des constructions ambitieuses et efficaces, quitte à lever le pied par moments ("Jesus Saves", "Raining Blood"...).
Les soli démentiels de Jeff Hanneman et Kerry King finissent d'achever l'auditeur alors que Dave Lombardo s'amuse à lui enfoncer le crâne à coup de double grosse caisse...
A noter que la production de Rick Rubin fut essentielle à la réussite de ce disque, grâce au son parfait des guitares, à la puissance de chaque coup de caisse claire ou de cymbale et la suppression de l'effet d'écho qui gachaît la voix de Tom Araya sur les albums précédents.
Ultra jouissif et tout simplement essentiel !!!
_________________
La vie n'est qu'une barque menée au gré des courants de l'incertitude et du destin : faut ramer !